Au gré de leurs divagations 2.0, plusieurs d’entre-vous ont dû apercevoir les multiples robes aux teintes fuchsia et noire ayant constitué l’épatant effeuillage de la queen Gaga au Met Gala 2019. Ce très attendu évènement organisé par la grande prêtresse Anna Wintour s’est tenu au Metropolitan Museum de New York ce lundi soir. Longtemps, nous avons cherché le lien entre les tenues d’Harry Styles en héros romantique à la Lord Byron, de Jared Leto et son double maléfique ou encore de Katy Perry semblant avoir omis de payer sa facture EDF. Leur point commun? Le thème suivant : « Camp : Notes on fashion », explications. 

Ce fameux camp, ayant inspiré le tableau surréaliste du Met 2019, est en réalité une véritable philosophie théorisée par Susan Sontage en 1964. L’idée est de prendre le contre-coup du classique, de jouer sur le too-much en touchant du doigt l’improbable et le paroxysme de la frivolité de manière éphémère. Le camp peut se définir comme un code vestimentaire commun aux membres d’un groupe à l’identité forte et ainsi facilement reconnaissable : en effet, le camp « queer » a fortement participé à la construction de la théorie de Sontag. En mettant la superficialité et l’humour à l’honneur, ce thème rappelle les valeurs fondatrices de la culture gay qui regorge d’imagination et s’évertue à refuser l’ensemble des carcans réducteurs classiques. Ainsi, l’extravagance était de mise, tout en tournant en dérision le paradigme de la star des tapis rouges : bref, un véritable vent d’air frais. 

Dès lors, les soeurs Jenner parées de plumes oranges et violettes ont fait écho à la robe cendrillonesque de Zendaya qui s’est illuminée sous les flashs des appareils photos. Notre chère Céline, avouant que mine de rien elle n’avait pas compris grand chose au thème, nous est apparue en oiseau star des années 80’. Franck Ocean, malheureusement blâmé par le magazine Glamour pour « manque d’effort », a brillé par sa sobriété et son indéniable taste in fashion en full Prada, bien qu’une partie de nous craigne qu’il puisse nous demander notre titre de transport à tout moment. Hailey Bieber a, quant à elle, proposé une nouvelle version rose bonbon hautement kitch de la sublime et mythique robe de Mireille Darc dans Le grand blond avec une chaussure noire. Pour Alessandro Michele en Gucci, notre imagination s’est perdue entre Lana Del Rey version Woodstock et un coquelicot version latex berlinois. Billy Porter a brillé en tant que momie toute droit issue du groupe Empire of the Sun, Jordan Roth en Iris van Herpen nous a offert une version papillon de nuit grandeur nature, tandis que Ryan Murphy en Christian Siriano semblait avoir toujours rêvé d’être une shiny coquille Saint-Jacques. 

Ainsi, les tant attendues tenues du Met Gala 2019 ont en premier lieu été source de grande confusion, au regard du show divin de l’année précédente ayant pour thème « Corps célestes : mode et imagerie catholique » au sein duquel anges et démons ont livré une parade des plus impressionnantes. Néanmoins, ce thème 2019 en dehors des sentiers battus est incroyablement enthousiasmant : on ne peut nier son importance hautement esthétique et symbolique, stimulant notre capacité à s’émerveiller de l’inconnu. 

Camille

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