Le 25 mai dernier s’est tenue à Paris la 8ème édition des Trophées de la Mode à l’Espace Casa Italia dans le 11ème arrondissement de Paris. Chaque année, cet évènement organisé par l’association de mode de Neoma BS Talents Aiguilles rassemble plusieurs grandes écoles de commerce. A l’occasion de cette nouvelle édition, les écoles présentes étaient nombreuses : Neoma Business School Rouen, Neoma Business School Reims, EM Lyon, EM Grenoble, Skema Sophia Antipolis, Audencia, Kedge Marseille et Kedge Bordeaux. 

   Le thème 2019 était incroyablement riche et inspirant, celui-ci n’était autre que « Les mondes de Miyazaki ». Célèbre dessinateur, réalisateur et producteur de films d’animation japonais, Hayao Miyazaki est le cofondateur du studio Ghibli. C’est en 1999, à l’occasion de la sortie en salles de Princesse Mononoké, que ses films commencent à connaître un succès flamboyant en Occident. De Mon voisin Totoro, au Voyage de Chihiro en passant par le Château ambulant, il met en valeur et fait raisonner l’importance de la relation des Hommes à la nature, explore les dessous de l’opposition entre écologie et technologie, sans oublier de faire éclater au grand jour la dissonance entre les espoirs des âmes pacifistes et les luttes intestines au sein du pouvoir en temps de guerre. Grâce à une technique de création hybride, mêlant animation traditionnelle à l’aide de pinceaux, peinture et encre à la peinture numérique sur ordinateur, Miyazaki donne vie aux personnages à l’humanité lumineuse en mêlant drame et poésie. Le pôle création de Keos s’est appliqué, et ce durant toute l’année, à confectionner des créations fidèles aux mondes rêvés du réalisateur japonais. 

    La première tenue à défiler sous les yeux des spectateurs est celle de Charles sur le thème de Mon voisin Totoro. La blouse, la salopette et le motif Vichy rappellent l’atmosphère champêtre et rurale du film, tout comme la présence des couleurs bleu, vert et orange constitue un rappel de l’ambiance juvénile du film. 

   Inspiré de Nausicaa et la vallée du vent, l’ensemble d’Elouan composé d’un pantalon à pince et d’une chemise bleue, évoque autant le ciel que la mer, deux éléments naturels occupant une place centrale dans ce film. Du fait de la couleur et de la coupe, cette ensemble renvoie l’impression de légèreté et de fluidité qu’apportent les éléments que sont l’eau et l’air. Pouvant être portées séparément, ces deux pièces assemblées se transforment en combinaison, s’apparentant aux tenues des militaires. Le motif du dragon rappelle l’origine asiatique du film tout en sous-entendant une comparaison aux insectes géants appelés Ōmu (insecte-roi). Les canettes ouvertes constituent, quant à elles, une allégorie de la pollution, soulignant avec pertinence ses conséquences dramatiques sur notre environnement, nos océans et notre oxygène.

   Hanoé a défilé avec une tenue fidèle à celle de Princesse Mononoke : le haut crop top rappelle la fourrure de la louve Moro, la couleur du pantalon verte représente la forêt de Yakushima tandis que la forme du pantalon évasée est inspiré du kimono d’homme que porte Dame Eboshi. Le masque antipollution constitue le fil conducteur à toutes les tenues, permettant de mettre en lumière la cause environnementale, chère à Miyazaki.                                 

   S’avance ensuite une silhouette sombre et assurée, celle d’Iris perchée sur de hauts talons en cuir noir. Cette tenue inspirée de Kiki la petite sorcière fait écho au thème de l’émancipation de la femme, récurrent dans la filmographie de Miyazaki. Ce film, comptant le passage à l’adulte de Kiki, a inspiré l’élégance, la transparence ainsi que les couleurs sombres de la tenue. La blouse en mousseline noire est un tissu léger et flottant, qui n’est pas sans rappeler la facilité avec laquelle Kiki se déplace sur son balais volant. Le mannequin porte également un short en similicuir noir rappelant la robe sombre portée par la protagoniste, de même qu’un noeud a été cousu sur le côté de la taille, celui-ci étant l’accessoire dominant du personnage. 

 Enfin, fidèle aux traditions des défilés, Odile clôture cette succession d’apparitions chimériques par une robe de mariée, inspirée des nuages enveloppant Le château dans le ciel.  

   Tenues après tenues, apparitions après apparitions, Iris, Charles, Elouan, Hanoé et Odile sont parvenus à rendre compte de l’univers complexe et hautement symbolique de Miyazaki, en concoctant un savant mélange d’audace et de douceur, de gravité et de poésie, de mystère et d’étincelles. 

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